Le schma de base de l'conomie

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20-05-2011, 12:03 PM   #1
 
 
: Jan 2011
: 360
Le schma de base de l'conomie

Qu'est-ce que l'conomie? J'ai dcrit les principes de la thorie de l'quilibre, puis ceux qui ont guid les politiques macroconomiques.

Nous avons vu ainsi que la thorie de l'quilibre dcrit de faon mathmatique le fonctionnement des marchs. Mais elle ne donne pas de solution de politique conomique volontariste, pour relancer la croissance par exemple. Il faut au maximum laisser faire les forces du march.

Le politiques macroconomiques ont voulu contrler l'conomie partir des grands agrgats. Elles ont voulu relancer la croissance par une politique budgtaire, puis montaire. Aprs avoir cru au succs de ces politiques, les checs subis depuis les annes 1970 jusqu' la dernire crise financire remettent en cause ces politiques.

La grande interrogation qui reste, c'est donc comment relancer la croissance. Ou encore, d'o vient la croissance? D'o vient la cration de richesse? La thorie de l'quilibre mathmatise le fonctionnement des marchs sans rpondre ces questions. Et les outils de la macroconomie n'ont pas rempli leurs objectifs, ce qui met en doute l'Ide que la croissance puisse tre initie par une demande venant de la dpense budgtaire.


Pour comprendre les mcanismes de l'conomie, le mieux est de remonter la source, l'origine du mcanisme. Qu'est-ce que l'conomie aujourd'hui? Comment fonctionne le systme conomique? Quel est l'opration conomique de base, de laquelle dcoule tout le systme?

Le schma de base de l'conomie
Quand on dcrit l'conomie, on prsente d'un ct les consommateurs, de l'autre les producteurs. On enchane sur le march du travail, et la rpartition de la richesse. Ce n'est pas l le mcanisme de base. Et c'est peut-tre parce qu'on oublie le mcanisme de base que l'on comprend si mal l'conomie.

Pour le comprendre, il faut dcortiquer ce qu'est une opration conomique, pour les gens. Que se passe-t-il sur ce qu'on appelle le march? Il y a des gens, qui ont des besoins, qui ont envie d'avoir quelque chose. Besoin de manger, de rparer sa toiture, envie d'un gteau au chocolat.

Si quelqu'un doit rparer sa toiture, mais qu'il ne sait pas le faire, il va demander quelqu'un d'autre de le faire pour lui. Et, en change, il va lui mme proposer un service celui qui va rparer sa toiture. Comme refaire l'installation lectrique. C'est du troc.

Evidemment, il est difficile de rencontrer quelqu'un qui peut effectuer la rparation dont on a besoin, et qui a besoin d'un service qu'on peut lui apporter. par consquent, en paiement, pour le service, on peut signer une reconnaissance de dette: je soussign Mr Machin doit un service de tel type Mr Truc.

Monsieur Truc pourra son tour payer quelqu'un avec cette reconnaissance de dette. Par exemple, s'il veut refaire la peinture de la faade, il pourra dire au peintre, voil, tu vas voir Machin pour ton lectricit, il me doit un service, voici la reconnaissance de dette.

Ce systme a aussi ses limites. Il faut avoir confiance, tre certain que le bout de papier prsent comme une reconnaissance de dette a de la valeur. Alors, Mr Truc peut aller voir une banque. Et, en change de la reconnaissance de dette, avoir de l'argent, accept par n'importe qui en paiement de n'importe quoi. Il pourra payer le peintre avec de l'argent.

Mr Machin, qui a fait rpar sa toiture par Mr Truc, pourra avoir de l'argent en rendant lui mme un service quelqu'un, et rembourser la banque qui dtient sa reconnaissance de dette.

On a l le schma de base de l'conomie d'aujourd'hui: un systme d'change par l'intermdiaire de la monnaie. Ce qu'on appelle le march, ou l'conomie de march, n'est rien d'autre qu'un systme pour apparier les dsirs et besoins de chacun.

Tout le systme de production part de ce schma de base. Il se trouve que des entrepreneurs ont eu besoin de bras. Des gens ont accept d'tre pays pour excuter un travail. Le travail est un service. Ce qu'on nous prsente habituellement de l'conomie est en quelque sorte la superstructure. L'infrastructure, c'est le schma de base.

Une vision personnelle?

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Ai-je prsent une vision trop personnelle de l'conomie? Je ne pense pas. J'ai juste expliqu le fonctionnement de base. En illustrant la clbre phrase de Jean-Baptiste Say, considre comme un fondement de l'conomie de l'offre: Les produits s'changent contre des produits.

De mme, Schumpeter a mis l'honneur le rle de l'entrepreneur dans l'conomie. L'entrepreneur, ce n'est pas le chef d'entreprise. C'est celui qui introduit une innovation. Quelqu'un donc qui propose un nouveau produit ou un nouveau service, pour obtenir quelque chose en change, et qui ainsi donne une impulsion l'conomie.

On comprend alors le principe de laisser faire le march. L'conomie, c'est ce que font les gens pour obtenir les biens et services qu'ils dsirent. Ce ne sont pas les dpenses publiques qui donnent l'impulsion. On comprend aussi l'chec du collectivisme. L'conomie, ce n'est pas un plan labore par un pays, qui peut dcider de ce qu'il faut produire. Ce sont les gens qui essaient d'obtenir ce qu'ils veulent, par divers moyens.

Le PIB n'est qu'une valuation montaire de ce qui a t chang. Un PIB qui augmente signifie que les gens ont obtenus plus. C'est tout. On ne dcrte pas une augmentation, ou une baisse du PIB. Il faut convaincre les gens de produire moins, par exemple, si on veut une baisse du PIB. On entend aujourd'hui des reproches contre la course au PIB, en critiquant implicitement l'conomie de march. Mais ce n'est pas l'conomie de march qui provoque une quelconque course au PIB. Ce sont les gens qui changent. Il faudrait donc convaincre les gens de changer de comportement.

Sur ce schma de base s'est construit un systme complexe de salariat, de march des capitaux, de banques, etc. Mais cela n'a pas t dcid. Ce systme s'est construit tout seul. Et, pour favoriser la croissance, ou, plutt, pour satisfaire les besoins et envie des gens, il faut ne pas entraver l'initiative. Car c'est de l que vient l'impulsion. Et c'est elle qui a, en fait, cet effet multiplicateur. Une entreprise qui se cre donne des gens l'occasion d'offrir leurs comptences en change d'argent.

La politique conomique
Est-ce dire qu'il n'y a pas de politique conomique possible? Qu'il suffit de laisser faire? Ce n'est pas si simple. Pour que le systme fonctionne, il faut un cadre rglementaire. Il faut que chacun respecte l'autre. Cela peut se faire sans systme judiciaire, dans un monde parfait. Mais, souvent, les gens doivent dsigner certains d'entre eux pour faire respecter les rglemente, ncessaire au bon fonctionnement du systme. La politique conomique peut donc tre la prservation des conditions de bons fonctionnement de l'conomie. Mme s'il y a dbat sur le sujet, sur le rle de l'Etat.

Il y a aussi une politique conomique dont je n'ai pas vu de thorisation mais assez souvent applique: l'imitation. Selon les conomistes libraux, les pratiques les plus efficaces se propagent par effet d'imitation. C'est valable pour la politique conomique. On peut essayer d'imiter dans un pays un systme qui a fait ses preuves ailleurs.

C'est vrai du cadre rglementaire. Mais pas seulement. De nombreux pays ont cherch dvelopper les techniques et industries qui semblaient avoir ailleurs un effet moteur sur l'conomie. La France a ainsi favoris l'implantation d'une industrie textile sur son sol. Aujourd'hui, on parle de diffusion de l'innovation. On parle de susciter l'innovation. Car ce n'est pas une industrie en soi qui tire une conomie de nos jours, mais plutt un systme de renouvellement permanent du tissu conomique (cf La relance, l'innovation, capital risque et capital dveloppement ).

La politique conomique, c'est aussi la politique montaire. La monnaie est juste un moyen d'change, une reconnaissance de dette. On utilise la monnaie sans mme comprendre ce que c'est. On voit comme sa gestion est importante, vu son rle dans le systme. Et comme elle est dlicate.

Mais, l encore, il faut revenir au schma de base pour comprendre comment elle fonctionne, et dterminer comment la grer. Or, aujourd'hui, on oublie ce qu'est la monnaie pour, le plus souvent, s'engouffrer directement dans la classification keynsienne des ses rles: pargne, transaction, liquidit.

Ce systme conomique correspond aussi des principes de socits. Il met en avant l'accomplissement personnel. Chacun doit pouvoir dcider de sa vie. Ou, plutt, au moins pouvoir essayer. C'est le concept d'une socit respectueuse des modes de vie de chacun. Chacun est libre de vivre comme il veut, de travailler, de choisir de gagner beaucoup ou peu, sans gner la libert d'autrui. Ce qui suppose des ajustements permanents.

Ultra-libralisme sauvage?
Cet accomplissement personnel se fait-il au dtriment d'autrui? La libert, l'initiative suppose-t-elle la domination de groupes, de grosses entreprises, sur d'autres? Des plus forts sur les plus faibles?

J'ai dj rpondu, mais il est ncessaire d'insister sur ce point. La notion de libert suppose que la libert de chacun soit respecte. Donc d'interdire la domination. Maintenant que les rgles soient respectes ou non dans le monde rel est une autre histoire. Il y a des problmes de domination, d'accaparement. Ce qui est contraire aux rgles de l'conomie de march.

De mme, la crise financire vient la fois d'une relance montaire par les autorits amricaines, et, entre autre, d'un manque de transparence, d'information dans le monde de la finance. Deux manquements au fonctionnement de l'conomie de march. Le monde rel n'est pas un monde idal.

Ensuite, on oppose souvent la solidarit au systme conomique. On peut aussi remarquer que les conomistes en parlent peu, ou pas. Je n'ai d'ailleurs pas voqu la solidarit jusqu'ici.

Il y a l un grand malentendu entre les conomistes et le grand public. Les conomistes tudient le fonctionnement de l'conomie. La solidarit est une affaire personnelle. On dcide, ou non, d'aider les autres. Une conomie juste est une conomie qui proscrit le vol par exemple. Mais assurer un niveau de vie minimum, et dcider qu'il y a un niveau de vie minimum, n'est plus du ressort de l'conomie. Ce sont les gens qui, individuellement ou collectivement, peuvent dcider de garantir ce niveau de vie minimum.

Cela est d'autant plus vrai que la notion de solidarit est diffrente d'un pays l'autre. Un habitant des USA va privilgier le don volontaire des associations, et se mfier de l'Etat. Il va avoir tendance considrer que si quelqu'un est pauvre, c'est au moins en partie, de sa faute. Un franais va tre plus exigeant sur la ncessit d'une protection collective.

La solidarit est donc surtout une affaire de gestion. Il ne faut pas considrer que toute dpense de solidarit est bonne pour l'conomie, car la dpense publique soutiendrait la croissance. Nous avons vu que c'tait faux. Il faut, en fonction des vux des gens, dterminer les attributs d'un niveau de vie minimum, en fonction des possibilits, et le garantir sans obrer le fonctionnement de l'conomie. Ce sont des ressources qui ne sont plus disponibles pour l'investissement par exemple.

Ce dbat sur la solidarit est souvent fauss par ce concept qui dit que la dpense publique a forcment un effet bnfique sur la croissance conomique. On s'en sert de prtexte pour ne pas s'interroger sur l'efficacit des dpenses publiques, en terme de maintien d'un niveau de vie minimum. Et, quand quelqu'un veut amliorer l'efficacit de la dpense publique, il est accus de vouloir dtruire le systme de protection social. Au final, on en vient des solutions prises dans l'urgence, en catastrophe, quand on ne peut plus financer le social. Et, comme les conomistes mettent l'accent sur les conditions de fonctionnement de l'conomie, et non sur les aspects de solidarit, ils sont accus de vouloir dtruire le social. Un langage de sourds. Mais quand mme en partie de la faute des conomistes, qui devraient parler aux gens de ce qui les intressent, plutt que de rester dans leur bulle thorique.

Aujourd'hui, la mode est aussi d'opposer l'cologie au systme conomique. Ce dernier favoriserait l'exploitation de la plante. Rptons-le, ce sont les gens qu'il faut convaincre de changer de mode de vie. Le systme intgre trs bien l'cologie. Les normes de sant publiques, par exemple, sont extrieures au systme conomique. Maintenant, qu'il y ait des lobbies qui voudraient prserver certains avantages, c'est une chose qu'il faut combattre. La ralit n'est pas l'idal thorique, je le rpte.

Conclusion
Je viens de dcrire, rapidement, le libralisme. Le systme de l'conomie de march, dans lequel donc chacun propose ses services en change d'autres services. Le libralisme politique aussi, qui veut laisser chacun libre de s'accomplir, dans le respect d'autrui. Nous sommes loin de la mathmatisation. Nous sommes dans une conception humaniste, dirions nous aujourd'hui, de l'conomie. On en voit aussi mieux tous les enjeux sociaux. Tous les dbats possibles sur le rle de l'Etat. Prsente hors du jargon mathmatique pseudo scientifique, l'conomie peut aussi tre plus accessible.

Ce n'est ici qu'une prsentation. Je ne fais qu'effleurer tous les enjeux. Mais, dj, j'ai pu justifier des choix de politiques conomiques. Et, surtout, cette explication a sa cohrence, et elle est aussi cohrente avec la ralit observe. Cohrence interne, cohrence externe: les critres requis pour une thorie.

    
20-05-2011, 02:18 PM   #2
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